Cobra GOLD

CobraCobra reste pour beaucoup une série culte. La série fût diffusée autrefois sur Canal + en crypté, puis dans RécréA2 sur Antenne 2. Elle devait également être rediffusée sur M6 il y a quelques années mais la chaîne ne proposa que trois épisodes (qui ne respectaient pas l’ordre initial). La raison était simple : la série était cataloguée par le CSA comme étant une série violente qui ne devrait pas être diffusée à la télévision française (!).

Avec cette édition collector, Déclic Images lève très haut la barre car Cobra est la première série d’animation japonaise à bénéficier d’un tel traitement. Malheureusement, peu après la sortie du produit, les stocks ont dus être liquidés à cause d’un litige entre l’éditeur et l’ayant droit japonais.
Nous expliquions le problème dans notre news du 20 décembre dernier. Voici pour information le communiqué de l’éditeur paru au moment ou la liquidation débutait :
« Jugement rendu ce 13 décembre 2002 par le Tribunal de Commerce de Paris ; concernant le litige opposant la sté TMS et Mr Terasawa, avec la sté Déclic images, éditeur en France de la série Cobra.

Par jugement, nous avons été condamné à cesser de distribuer les vidéogrammes reproduisant tout ou partie de l’oeuvre Cobra, de Mr Buichi Terasawa, dans les huit jours de la signification du jugement.

Bien entendu, nous faisons appel à ce jugement, mais le fait que la clause est provisoirement exécutoire, il nous est interdit de poursuivre au-delà des huit jours la commercialisation des vidéogrammes.
Cette série ne sera plus présentée en France tant que le jugement de la Cour d’appel ne sera pas rendu. Cela peut représenter entre 1 à 3 années.

Nous nous excusons auprès de notre clientèle de devoir liquider notre stock actuellement existant à des prix de liquidation.
Durée de la liquidation ;
– Jusqu’au délai indiqué plus haut, dans la limite des stocks disponibles.

Nous sommes restés abasourdis lorsque nous avons pris connaissance de cette décision, et nous ne nous y attendions absolument pas.
Nous avions mis tout notre cour dans l’édition collector et c’est une immense déception pour nous tous.

En date du 1 er décembre 2000, la sté TMS a conclu avec la sté Déclic Images un contrat de licence pour une durée de 5 ans.
Ce contrat, soumis au droit japonais, est entré en vigueur au 1er avril 2001.
La sté Déclic Images n’ayant, selon la sté TMS, pas respecté certaines de ses obligations essentielles au titre de ce contrat, cette dernière a donc ordonné une procédure judiciaire.

La sté Déclic Images a fait valoir que les griefs de la sté TMS étaient infondés. »

Complément d’information : en ce début 2005, Déclic Images a le plaisir de nous proposer à nouveau ce fameux coffret à la vente ! Les problèmes judiciaires sont donc résolus et c’est une nouvelle particulièrement réjouissante compte tenu du fort intérêt de Space Adventure Cobra.

Ce n’est plus une surprise, mais le master de Cobra que possède l’éditeur est d’une qualité exceptionnelle, tant dans la restitution des couleurs, de la définition, que de la beauté des applats. La remasterisation effectuée par les japonais aura éliminé presque tous les défauts pouvant être présents autrefois (griffures et autre tâches). Au sujet des couleurs, une différence assez importante sera remarquée par rapport à l’édition light. La tendance verte n’est plus qu’un mauvais souvenir (les cheveux de Cobra sont bel et bien blonds dorénavant).
Pour la petite précision, les effets troubles et d’ombres constatés durant l’intégralité de la série sont absolument volontaires de la part des réalisateurs. Ce n’est donc pas un défaut !

Ajoutons que, contrairement à l’édition light, où les titres d’épisodes avaient été remplacés, les originaux sont dorénavant conservés et traduits littéralement.

L’encodage a été réalisé avec soin et dans l’ensemble, il ne fera pas ressortir de défaut particuliers. Pour autant, on constatera la présence d’artefacts dans le dixième épisode (lors des tempêtes de neige).

La fin du générique de début : le master est dépourvu du crayonné que l’on pouvait voir à la fin du générique de début lors des diffusions télévisées (où apparaissait le copyright de la TMS).

Pas moins de trois pistes sont proposées dans ce coffret, dont une piste en dolby digital 5.1. Cette dernière ne procurera pas une répartition telle que devrait le faire un véritable 5.1, il s’agit plutôt d’un remixage qui offre toutefois une spatialisation et une virulence de rigueur. Cependant, un effet de raisonnance pourra être constaté.
La version française monophonique n’est ici qu’en dolby digital 1.0 alors que son homologue sur l’édition light était en 2.0 surround. La différence se fera notamment remarquer au niveau des génériques car les enceintes arrières y étaient actives (ce qui n’était toutefois pas le cas dans les épisodes eux-mêmes, mono mais sur deux enceintes). L’ensemble est par contre d’un volume bien plus élevé que la précédence édition. Le souffle s’y trouve donc amoindri.
La dernière piste, et pas des moindre : la version originale japonaise. Présentée en 2.0, elle est un peu plus faible que les versions françaises. Qualitativement, nous constaterons parfois un faible grésillement ainsi que de faibles saturations, mais rien de vraiment notable. Dans tous les cas, c’est un véritable plaisir de pouvoir apprécier Cobra en version japonaise, d’autant que la traduction des sous-titres respecte à merveille les textes originaux, ce qui était loin d’être le cas du doublage français (qui reste malgré tout de grande qualité, mais une édulcoration du personnage fût faite).

Remarques :
– Dans la version française du treizième épisode, après la défaite d’Armanoïde sur son adversaire, elle parle en japonais l’espace d’une phrase. Cette scène n’avait pas été doublée et l’éditeur a souhaité la proposer cette fois-ci car dans l’édition light, aucun dialogue n’était émis à ce moment précis.
– Dans l’édition light, nous pouvions remarquer un décallage entre le son et l’image au tout début du premier épisode (lors du réveil de Cobra). Ici, le problème est résolu, la synchronisation est parfaite.
– Après le titre de l’épisode 21, la version japonaise est pourvue d’un extrait de la chanson « Lady ». En version française, celle-ci a été supprimée. Toutefois, l’éditeur a souhaité réintégrer cette chanson pour l’édition collector. Vous la retrouverez donc sur les trois pistes du DVD (elle est juste stoppée quelques secondes plus tôt sur la VF pour ne pas gêner le dialogue d’Armanoïde).

Respectant parfaitement la qualification de coffret collector, cette édition est pourvue d’un grand nombre de suppléments et d’une présentation très réussie.

Présentation et menus :
L’ensemble des menus représente l’intérieur du vaisseau de Cobra, le Turle. Tout en 3D, la navigation entre les menus nous permet de découvrir de nombreuses pièces. La section karaoké nous emmène par exemple dans la salle du piano, alors que le menu principal est sous forme de cockpit. Tout ceci est bien sûr accompagné musicalement par les BGM envoûtantes de la série.
Le menu des épisodes n’offre qu’un accès direct par épisode. Toutefois, un indexage permet de naviguer aisément entre les différentes parties (début, titre, milieu et teaser) et les deux génériques (le retour arrière par chapitre ne permettra pas un retour au-delà du début de l’épisode, dûmoins normalement car nous sommes renvoyés directement au début de l’épisode qui précède en lieu et place du générique de début. C’est un fait général sur les DVD offrant la possibilité de visionner les épisodes avec ou sans leurs génériques).
Pour l’esthétique externe, les DVD sont rangés dans un luxueux coffret digipack.

Suppléments :

La plupart des bonus sont différents d’un volume à l’autre. Néanmoins, certains sont similaires :
– Génériques karaoké (génériques de début français et japonais, en version intrumentale sous-titrée en français). Le japonais est par contre caverneux.
– Filmographie abrégée du staff : on nous présente les intervenants principaux : Osamu Dezaki et Toshio Takeuchi (réalisateurs), Akio Sugino et Shinji Otsuka (character designers), Haruya Yamasaki, Kôsuke Miki et Kenji Terada (scénaristes), Toshiaru Mizutani et Tsutomu Ishigaki (décorateurs) ainsi que Kentarô Haneda (compositeur).
– Petit lexique : celui-ci nous indique les différences de noms de certains personnages qu’il peut y avoir entre la version française et la version originale (personnages présentés par ordre d’apparition).
– Présentation des armes de Cobra.

DVD numéro 1 :
– Présentation des personnages : Cobra, Armanoïd, Jane, Vaiken, Catherine, Schultz, L’Homme de Verre.
– Première partie du dossier : Osamu Dezaki, Buichi Terasawa, L’épisode pilote, Marv Wolfman, Voix japonaise de Cobra, Voix japonaise d’Armanoïd et Le psycho-gun.
– L’interview de Buichi Terasawa « Le Monde de Buichi Terasawa », présentée en plusieures parties : La naissance de Cobra, A propos de Crystal Boy, A propos d’Armaroïd Lady, Les trois soeurs Nelson, Concernant les vêtements sexy des filles, Cobra avant et après son changement de visage, A propos du psycho-gun, Le visuel du monde de Cobra, Concernant le chapitre sur le rug-ball, A propos des inspirations de l’oeuvre. C’est un grand plaisir de retrouver l’auteur s’expliquant sur son oeuvre et ses inspirations. Un must !
Durée de l’interview : 25 minutes.
– Goodies : photos de nombreuses figurines, de shitajikis et de ramicards.

DVD numéro 2 :
– Présentation des personnages : Cobra, Armanoïd, Tarbeige, Duck, L’Arme Suprême, Dominique, Sandra.
– Deuxième partie du dossier : Akio Sugino, Voix japonaise de Jane, Voix japonaise de l’Homme de Verre, Voix japonaise de Dominique, Le piano de Cobra, Le python 77 Magnum de Cobra (notons une petite incohérence d’illustration dans la présentation de la doubleuse de Jane…).
– Goodies : photos de nombreuses des « trading cards 2000 ».

DVD numéro 3 :
– Présentation des personnages : Cobra, Armanoïd, Dominique, Sandra, Galtan, Torno.
– Troisième partie du dossier : Le duo Dezaki et Sugino, Le vaisseau de Cobra, Les alias de Cobra, Voix japonaise de Sandra.
– Goodies : de nombreuses photos des premières trading cards (réalisées d’après des cellulos).

DVD numéro 4 :
– Présentation des personnages : Joe Gillian, Armanoïd, Dominique, Gelt, Dan Brad, Léo, Les Frères Clark.
– Quatrième partie du dossier : Base-ball et rug-ball, Voix japonaise de Dan Blood.
– Reportage « Cobra l’espace d’un rêve » : de nombreux intervenants donnent leurs impressions sur Cobra et son univers. Durée : 28 minutes.
– Goodies : Les jeux vidéos et Les musiques.

DVD numéro 5 :
– Présentation des personnages : Joe Gillian, Armanoïd, Dominique, Sheila.
– Cinquième partie du dossier : Jean-Claude Montalban, Les doubleurs français de Cobra.
– Goodies : Objets insolites (montres, pendantifs, briquets…).

DVD numéro 6 :
– Présentation des personnages : Cobra, Canos, Cargou, Palmas, Salamandar.
– Sixième partie du dossier : Correspondance avec le manga, Le passé de Cobra, Les pirates de l’espace, Voix japonaise de Salamandar.
– Goodies : Les affiches, Les calendriers, Les art books.

En plus de tout ceci, un livret d’une trentaine de page nous propose un dossier présenté auparavant dans le catalogue de Manga Distribution.

Teasers : pour la première fois, nous pouvons bénéficier des teasers de cette série. Alors qu’ils ne furent jamais présents dans quelque édition française que ce soit, ils sont proposés en version originale sous-titrée pour la VO et sans dialogues pour la VF (mais pourvu de la version instrumentale du générique français).

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Cobra

Bon, je vais essayer de faire abstraction de tous les problèmes du DVD pour vous parler du film en lui même. Parce qu’il faut bien voir que le film de Cobra est loin d’être un navet! C’est d’autant plus déplorable pour le DVD…

Cobra

Le film de Cobra a donc été réalisé avant la série, un peu comme le film d’albator 84. Ca permet en général de mesurer l’impact du titre, de préparer les téléspectateurs, d’habituer les animateurs à dessiner les personnages…Seulement, si le film d’Albator racontait l’avant série, le film de cobra propose une histoire originale, dérivée de la première histoire du manga (la chasse au trésor). Ici on reprends les thèmes principaux: l’homme de verre (lord nekron) les trois sœurs, l’arme secrète, la rebelle Sandra (Nadia), la guilde des pirates de l’espace. Par contre on a certains changements importants comme le vaisseau de cobra (le serpent ailé!) qui est plus balaise, mais plus banal aussi, et le psychogun qui n’est plus dissimulé dans un bras gauche en plastique, mais qui se « morphe » directement à la place du bras. C’est pas trop génant mais faut s’y habituer.

Par contre, le moins que l’on puisse dire c’est que l’action est non-stop. On ne s’ennuie jamais avec Cobra, qu’il soit en train de jouer les bourreaux des cœurs avec une jolie fille ou bien qu’il soit pris en chasse par une horde de pirates, il prends tout par le jeu. Il ne cherche ni la performance ni le gain, mais il veut juste passer du bon temps, à manier son cigare ou bien son psycho gun. Et on sent aussi cet aspect ludique dans la mise en scène. La manière dont cobra est « filmé » est souvent assez originale ou singulière et contribue à lui garder ce look de bouffon de service. Cela ne diminue en rien la prestance du personnage, mais dédramatise les scènes qui sans cela auraient pû être beaucoup plus ennuyeuses (dans les dialogues) ou plus choquantes (quand il y a des morts). Et des morts il y en a, et pas que du côté des « méchants ». On reste d’ailleurs assez perplexe à la fin du film: D’accord Cobra est vivant et indemne, c’est bien. Il a aussi sauvé la 7e galaxie, c’est chouette! Mais à part ça? Il était aussi en charge de la protection des 3 sœurs, et il aurait pu également sauver les femmes rebelles qui l’ont protégés sur la planète de glace. C’est sans doute par ce biais que Cobra montre ses limites « humaines » et sa logique « froide ». Il n’est pas un super héros capable de sauver tout le monde, et laissant ses sentiments de côté, il préfère sauver une population que l’on ne voit pas dans le film au prix de la vie des protagonistes de l’histoire. Ca nous change un peu de l’héroisme traditionnel américain, mais justement ça peut en perturber plus d’un.
C’est le tandem Dezaki/Sugino qui s’occupe de la conception de l’anime, et si vous aimez leurs autres œuvres (la série de cobra, remi sans famille, golgo 13…), vous ne serez pas dépaysé. Certaines techniques de la série sont déjà présentes, comme le multi-angle, les mouvements à traînée persistante (un mouvement au ralenti où les images précédentes ne s’effacent pas tout de suite). L’animation en générale est assez impressionnante de fluidité, et le réalisateur n’hésite pas à introduire des rotations assez complexes toutes les 10 minutes. Sur le générique de fin, vous verrez que beaucoup de studios on participé au film, et notamment le studio de Araki et Himeno! Kiseki? Me direz-vous? Et bien pas moins que les chara designer talentueux de Saint Seiya (ce qui n’est pas rien!). Au chapitre des défauts, vous n’aurez pas la chance d’apprécier le générique dans son format normal puisque d’énormes bandes noirs viennent s’insérer en plein milieu de l’écran, pour masquer les crédits japonais et placer les anglais.

On n’a malheureusement pas la chance de découvrir la bande son de Kentaro Haneda, mais on nous propose à la place celle de Yello, qui dynamise sans doute un peu plus les scènes d’action, mais à condition d’apprécier la techno!

A l’heure du bilan, je ne saurais que trop vous conseiller de voir ce film, mais par contre essayer quand même de trouver un zone 2 japonais, ou un divX, quelques chose de potable quoi, parce que ce titre ne mérite vraiment pas de figurer dans une collection de DVD. Concernant l’absence de VO, l’histoire risque de se répéter avec le film de Street Fighter II, puisque la bande son a été refaite par les américains. Pour cyber city par contre, le danger est écarté car Dynamic vision à racheter les droits (par contre ne l’attendez pas avant 2005!).