Conan The Barbarian – SE

Conan The Barbarian - SE« Ce qui ne tue pas te rend plus fort ».
Cette introduction « Nietzchienne » résume bien l’esprit du film, l’esprit de la saga de Conan et la philosophie d’une bonne partie de la Fantasy.

L’Héroïc-Fantasy, la fantasy, le médiéval-fantastique, le « Sword and Sorcery », appelez comme vous voulez est un genre littéraire à part, trop souvent classé avec la Science-Fiction mais qui comporte ses propres codes et inspirations. Très populaire durant les années 70, avec la « redécouverte » (à grande échelle) d’auteur comme Howard ou Tolkien et iconisé par le travail d’artistes comme l’incontournable Frazetta, ce genre n’a malheuresement quasiment jamais connu les honneurs d’un cinéma digne de ce nom. Soit les tentatives s’avéraient sympathiques mais niaiseuses (« Willow » de Ron Howard), soit profondément « cheap », ridicule et/ou débile (« BeastMaster », « Red Sonja/Kalidor », « Krull » et j’en passe …).

Jusqu’à preuve du contraire (« Le Seigneur des Anneaux » version Peter Jackson, peut-être ?), Conan reste la seule, unique et magnifique réussite de l’héroïc-fantasy au cinéma.
Malgré les tendances crypto-fascistes reconnues (et particulièrement audibles dans le commentaire) du réalisateur John Millius, pourtant un script-doctor reconnu, malgré le talent d’acteur limité du sieur Arnold, Conan a bénéficié d’un de ces rares moments, où les collaborations des multiples intervenants dans la création d’un film créent une synergie, une symbiose, qui rend le tout plus grand que la somme des parties.
Montage excellent, script (mi-Oliver Stone, mi-Millius) parfait, photographie subtile, décors adaptés, interprètes pile-poil dans leur rôle (mention très spéciale à James « Dark Vador » Earl Jones plus Doom que nature), combats aux petits oignons (hâchés fins) et une musique sublime de Poledouris … tout ça vous donne un grand souffle épique, une grande aventure tragique mais couillue, une ambiance unique, qui vous prend aux tripes et, malgré votre éducation parfaite au couvent des oiseaux, vous donne envie d’attraper la première hache venue et de courir les steppes vers quelques batailles héroïques.

Bien sûr, certains « thèmes » développés sont plus que discutables, éthiquement, dans notre monde « civilisé », mais sont d’une cohérence absolue avec l’univers traité. Evidemment, deux/trois scènes ont un peu vieilli (SFX totalement dépassés ou éclairage kitsch -je pense notamment à l’apparition fantômatique de Valeria-).
Mais globalement, Conan reste un chef-d’oeuvre, LE chef-d’oeuvre, incontournable du genre, et à ceux qui n’y voient qu’une bourrinade stupide en pagne et épée au poing, qu’ils le revoient après une bonne dose de lecture d’Howard, Tolkien, Moorcock et consorts.

PS: bien évidemment, on oublie complètement une pseudo-suite connue, paraît-il, sous le titre ridicule de « Conan le destructeur ». Elle n’existe pas. Non, non, je vous assure !

Un vrai régal que cette édition collector. Indéniablement réussie grâce au documentaire/making-of de l’incontournable Bouzereau. Exhaustif, rythmé, précis et instructif, recélant quelques surprises (comme les projets de Stone d’écrire un Conan tous les deux ans pour une série « à la » Bond), le fan s’en régalera. En complément, on trouvera quelques scènes coupées, une gallerie d’images (dessins de production) et un comparatif avant/après effets spéciaux sur une scène. Quant au commentaire, … hum … il est au moins sympathique. Le plaisir des deux protagonistes (Arnold et Millius) de se retrouver est palpable : revoir et se remémorer ensemble ce film qui les a rendu tellement populaire. Malheureusement, les deux compères restent trop laconiques. Les détails que l’on attend d’un commentaire manquent. Millius explicite parfois quelques une de ses inspirations (comme le choix de James Earl Jones et de sa « non race »), quelques points nébuleux du script, cite quelques trop rares anecdotes. Mais le gros Arnold ne fait que redécouvrir le film et sa qualité (indéniable), ou se poser des questions pratiques sans intérêts (à quoi sert la fameuse « Wheel of Pain » ?). Les anciens combattants retrouvent leur gloire et leurs amis passés. Quel dommage que la majorité du commentaire soit partagée entre l’autocongratulation (certes méritée mais bon …) et la paraphrase.

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